Sante

Hôpitaux publics au Gabon : les patients désormais impliqués dans l’évaluation du personnel soignant

À Libreville, les autorités sanitaires gabonaises ont enclenché une nouvelle étape dans la réforme du système hospitalier. Réunis ce lundi 30 mars 2026 à l’occasion d’un séminaire national consacré à l’éthique et à la déontologie médicale, responsables publics, professionnels de santé et partenaires internationaux ont acté une mesure forte : permettre aux patients d’évaluer directement la qualité de l’accueil et de la prise en charge dans les établissements publics.

Organisée dans la commune d’Akanda, la rencontre s’est tenue sous la présidence du vice-président de la République, Herman Immongault. Elle a rassemblé membres du gouvernement, acteurs du secteur sanitaire et représentants de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), autour d’un objectif commun : restaurer la confiance entre les structures hospitalières et les usagers.

Au cœur des échanges, la question de l’accueil des patients, souvent décrié, a été érigée en priorité nationale. La ministre de la Santé, le Pr Elsa Joséphine Nkana Ayo épouse Bivigou, a insisté sur la dimension humaine du soin, rappelant que la qualité d’une prise en charge ne se limite pas aux actes médicaux. Selon elle, l’écoute, le respect et la clarté des explications constituent des éléments déterminants dans le parcours du patient.

Durant deux jours, les travaux doivent aboutir à des mesures concrètes pour améliorer les pratiques dans les hôpitaux. Parmi elles, la mise en place d’un dispositif permettant aux patients de donner leur avis, d’évaluer les comportements du personnel et de signaler d’éventuels manquements. Une évolution présentée comme un levier de responsabilisation, mais aussi comme un outil de suivi pour les autorités sanitaires.

Le représentant de l’OMS au Gabon, Jeff Kabinda Maotela, a souligné l’impact direct de l’expérience patient sur l’efficacité des soins. Il a rappelé que des conditions d’accueil structurées et respectueuses favorisent une meilleure adhésion aux traitements et contribuent à réduire les complications ou les retours non programmés à l’hôpital.

Au-delà de l’annonce, le gouvernement entend encadrer cette réforme à travers une feuille de route précise. Celle-ci devrait inclure des indicateurs d’évaluation, un calendrier d’application et des mécanismes de contrôle afin de garantir la transparence du processus. L’objectif affiché est clair : faire évoluer durablement les pratiques et hisser la qualité du service hospitalier au niveau des attentes des populations.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation du système de santé, portée notamment par le Plan national de croissance et de développement. Elle traduit la volonté des autorités de replacer le patient au centre du dispositif médical, en faisant de sa parole un élément clé de l’amélioration des services.

Pour les organisateurs, ce séminaire marque un tournant. Il ne s’agit plus seulement de diagnostiquer les failles du système, mais d’engager des actions concrètes et mesurables. Les recommandations attendues devront ainsi être directement applicables sur l’ensemble du territoire, avec l’implication des directions régionales de santé.

En filigrane, c’est une redéfinition du rapport entre soignants et patients qui se dessine. Une approche qui, au-delà des réformes techniques, pose une exigence fondamentale : celle d’un système de santé plus humain, plus responsable et davantage à l’écoute des citoyens.

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